Langue:
Rouleau des Maladies : L’Homme souffrant de tremblements
 
Liste des images
Liste des parties
スライドショー
Trésor national
1 scène
(Rouleau des Maladies)
largeur 26,0cm; longueur 30,9cm
Musée National de Kyoto
A甲679
 Le Rouleau des Maladies rassemble des scènes inspirées par des anecdotes sur des maladies ou des difformités. Nous ne connaissons pas l'état original de ce rouleau illustré (emaki), mais nous savons qu'à l'époque d'Edo, il était constitué de dix-sept scènes. Neuf scènes sont aujourd'hui conservées au Musée National de Kyoto : L'Androgyne; La Femme souffrant d'entérite; L'Homme ayant contracté des poux du pubis; L'Homme souffrant de fistules anales; Soins d'une maladie oculaire; L'Homme souffrant de pyorrhée; L'Homme à la courte langue; L'Homme souffrant de tremblements et La Femme à l'haleine fétide.

 Le Rouleau des Maladies rassemble des scènes inspirées par des anecdotes sur des maladies ou des difformités. Nous ne connaissons pas l'état original de ce rouleau illustré (emaki), mais nous savons qu’à l'époque d'Edo, il était constitué de dix-sept scènes. Neuf scènes sont aujourd'hui conservées au Musée National de Kyoto : L'Androgyne; La Femme souffrant d'entérite; L'Homme ayant contracté des poux du pubis; L'Homme souffrant de fistules anales; Soins d'une maladie oculaire; L'Homme souffrant de pyorrhée; L'Homme à la courte langue; L'Homme souffrant de tremblements et La Femme à l'haleine fétide.

Les textes qui précèdent les peintures (kotobagaki) montrent des différences stylistiques. Certains donnent le nom de la maladie et décrivent explicitement quels en sont les symptômes, d'autres présentent le personnage et décrivent ensuite la maladie dont il souffre. Les textes classés dans ce second groupe accompagnent des scènes où l'artiste a représenté le cadre de vie du malade en une composition qui nous permet dans certains cas de mieux connaître l'époque. Certaines peintures, l'Androgyne, pour exemple, présentent la personne malade de façon précise et constituent des scènes qui traitent de la maladie d'un individu en particulier. Aussi il semblerait plus juste de considérer ces peintures, non comme des descriptions des maladies, mais plutôt des scènes de genre dans le goût des recueils anecdotiques (setsuwa-shû), un genre littéraire populaire à cette époque. Ceci est particulièrement vrai pour la scène Soins d'une maladie oculaire où l'on voit le malade, un homme du pays de Yamato (la région de Kyoto et Nara), entre les mains d'un médecin. Le texte calligraphié rappelle que ce dernier avait jugé bon d'utiliser une aiguille pour soigner son patient, mais que, après l'intervention, le malade, loin de recouvrer la vue, devint aveugle. Cette peinture témoigne assurément du caractère anecdotique du Rouleau des Maladies.

On peut aussi relever des différences dans la composition des scènes. Certaines sont centrées sur le malade sans aucun arrière-plan, d'autres, plus descriptives, présentent le décor permettant de connaître l'environnement dans lequel vivait le malade. Ainsi, l'Androgyne devait exercer la profession de diseur de bonne aventure au vu des objets qui l'entourent; avec La femme souffrant d'entérite, le peintre a représenté la vie dans une maison à la campagne; enfin, Soins d'une maladie oculaire est certainement la scène la plus riche au plan des détails de la vie quotidienne et constitue un document remarquable concernant les mœurs de l'époque.

Le style pictural du Rouleau des Maladies est proche des Peintures des Six Voies réalisées à la même époque. Certains considèrent que ce rouleau illustre les souffrances dans la Voie des Hommes. Cependant cette conclusion semble difficile à accepter. En effet, les caractères communs que l'on constate du point de vue stylistique entre ce Rouleau des Maladies et les autres Rouleaux des Enfers ne prouvent pas que ces œuvres aient été réalisées dans le même contexte, mais s'expliqueraient plutôt par la proximité des ateliers de peinture. Par ailleurs, rien dans le Rouleau des Maladies n'explique les rapports de cause à effet entre de mauvaises actions dans une vie antérieure et la maladie. De plus, aucune scène n'est inspirée par un sûtra ayant trait aux Six Voies. Si l'on analyse les particularités des textes calligraphiés (kotobagaki) et la composition des scènes, même s'il est évident qu'on ne peut ignorer la présence de la conception bouddhique de la renaissance dans les Six Voies qui se dressait en toile de fond à l'époque, il serait plus juste d'envisager que le Rouleau des Maladies reflète la mentalité de l'époque et l'attrait pour tout ce qui avait un caractère anecdotique comme en témoignent les recueils littéraire d'inspiration similaire.