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Rouleau des Enfers
 
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Trésor national
1 rouleau
Couleur sur papier
26.9 x 249.3
Epoque de Heian, 12e siècle
Musée National de Tokyo
A-10942
A partir de la seconde moitié de l'époque de Heian (794-1185), un sentiment d'insécurité se répand dans la société et s'accompagne de la diffusion de la croyance bouddhique en la renaissance des êtres dans les Six Voies ou "Destinées", en fonction de leurs actions en ce bas monde. Ces Six Voies sont classées en deux groupes de trois. D'un côté les trois bonnes Voies, de l'autre les trois mauvaises Voies qui comprennent la Voie des enfers, la Voie des êtres affamés et la Voie des animaux. La renaissance dans la Voie des Enfers est la plus douloureuse et le Rouleau des Enfers a pour thème les souffrances des damnés dans l'une des nombreuses géhennes. Autrefois propriété du temple Anjû.in, à Okayama, le Rouleau des Enfers ne se compose plus actuellement que d'un seul rouleau. Quatre des seize enfers annexes rattachés à l'Enfer Hurlant (Kyôkan-jigoku), l'un des Huit Enfers principaux, sont représentés. L'un d'eux, appelé "Enfer du brouillard de nuages ardents" (Unkamu-sho) est réservé à ceux qui ont incité d'autres à boire de l'alcool, puis s'en sont moqués. Sont aussi punis ceux qui ont tué, volé ou eu une conduite immorale. Les damnés, hommes ou femmes, tombés en ce lieu infernal sont représentés nus. Des démons les pourchassent et les obligent à pénétrer dans la fournaise qui s'élève du sol. Le tracé particulièrement fin et concis et le cinabre rouge associé à l'encre de Chine noire produisent un effet remarquable. On remarquera, sur d'autres scènes, le sang qui coule des blessures des damnés et rend ce Rouleau des Enfers particulièrement impressionnant. Ces peintures à caractère didactique cherchaient à enseigner aux hommes l'horreur et la souffrance régnant dans les enfers. On peut supposer qu'elles incitaient à souhaiter renaître dans la Terre pure du buddha Amitabha (jap. Amida-nyorai). Les textes calligraphiés (kotobagaki) qui précèdent les peintures, calligraphiés en sino-japonais - c'est-à-dire avec des caractères chinois et des caractères syllabiques (kana) -, sont directement inspirés par le sûtra intitulé Shôbônenjokyô.

Ce Rouleau des Enfers semble, ainsi que le Rouleau des Etres Affamés et les Peintures pour chasser les démons, avoir fait partie d'un ensemble connu sous le nom de Peintures des Six Voies, inspiré par la croyance en la renaissance dans les Six Voies. Ces peintures auraient appartenu à l'empereur Goshirakawa (1127-92) et auraient été conservées au Renge.ô.in, l'actuel temple Sanjûsangendô.