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Paysage d'hiver et d'automne
 
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Trésor national
Sesshû Tôyô
Paire de rouleaux suspendus
(Paysage d'hiver et d'automne)
Lavis à l'encre de Chine sur papier
Chacun 47.7 x 30.2
Epoque de Muromachi, fin du 15ème siècle - début du 16ème siècle
Musée National de Tokyo
A-1398
Ce diptyque est composé de deux rouleaux provenant du temple Manshû.in à Kyoto et intitulés respectivement Paysage d'automne et Paysage d'hiver, réalisés à l'encre de Chine dans le style chinois. Ils devaient probablement composer la dernière partie d'un ensemble illustrant les 4 saisons, dont il ne resterait que ces deux peintures. Leur auteur, Sesshû Tôyô (1420 - vers 1506) fut l'élève de Shûbun (mort en 1460) et, selon la tradition, de Josetsu (1394-1428), avant de partir en Chine s'initier aux techniques picturales des grands maîtres de l'époque des Song du Sud (1127-1279) et de l'école de Zhe sous la dynastie Ming (1368-1644). Mais la composition concise et équilibrée de ces deux Paysages dits "à l'encre brisée" alliée à un vigoureux coup de pinceau sont caractéristiques d'une originalité propre à Sesshû.

Dans Paysage d'automne, un chemin sinueux longeant une rivière part en zig-zag du bas à gauche. Deux personnages en conversation ont été disposés au centre, afin de donner une touche réaliste et vivante au paysage. Les toits recourbés des pavillons chinois et les montagnes occupant le fond du lavis donnent une profondeur de champ à l'ensemble. La peinture est concentrée sur la moitié inférieure du rouleau, tandis que l'espace vierge du haut suggère une étendue infinie - composition qui contraste nettement avec celle de Paysage d'hiver.

Sur ce deuxième rouleau, en effet, se dresse au centre un pic rocheux qui disparaît vers le haut, effaçant toute perspective lointaine. Un personnage, qui vient de descendre d'une embarcation, entame sa route vers le temple isolé au loin. Le tracé épais des parois montagneuses qui dominent la scène ainsi que celui des branches dénudées des arbres donnent l'impression d'un hiver rigoureux. Les rochers et les montagnes semblent avoir été disposés en spirales, quand on part du coin en bas à gauche en tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, comme si le peintre avait voulu imposer une architecture artificielle à son œuvre. Cette composition, conjuguée à des traits de pinceau prononcés en noir très foncé, participe à effacer délibérément l'effet de profondeur.